Triompher des Doutes

Triompher des Doutes

Dr Peter Masters

Cet article tire son origine d’une série d’études bibliques prêchées en sept parties au Tabernacle d’Avril à Juin 2017 et intitulée : « Triompher des doutes ». Cette expression s’inspire de Daniel 5:12, et elle décrit le fait de démêler des nœuds (ou résoudre des questions difficiles). Les autres études de la série ont traité des doutes concernant : la foi, Dieu, la Bible et les Doctrines de la Grâce Souveraine.

 

Dans 1 Jean 5, un verset en particulier cible ceux qui doutent du pardon de Dieu et de leur salut. Il s’adresse à ceux qui ont mis leur foi en Christ, mais sans ressentir quelque effet. Il est également destiné à ceux qui ont été sûrs de leur salut, mais qui ont, dans une certaine mesure, perdu la certitude. Ils peuvent même être tentés de croire qu’il ne s’agissait que d’une illusion. Le verset dit :

 « Je vous ai écrit ces choses à vous qui croyez au nom du Fils de Dieu ; afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, et que vous croyez... » (1 Jean 5:13).

 À première vue ce verset semble très peu logique. Il est destiné à ceux qui croient, afin qu’ils sachent qu’ils ont la vie, et qu’ils croient. Pourtant, ce que l’auteur inspiré veut dire est explicite, à savoir que ceux qui croient peuvent acquérir davantage de certitude et rendus également capables d’exercer pleinement leur foi.

Ce que l’auteur inspiré veut dire est explicite, à savoir que ceux qui croient peuvent acquérir davantage de certitude et rendus également capables d’exercer pleinement leur foi.

Pourtant, ce que l’auteur inspiré veut dire est explicite, à savoir que ceux qui croient peuvent acquérir davantage de certitude et rendus également capables d’exercer pleinement leur foi.

Pour bon nombre de personnes, la vraie conversion s’est produite avant qu’elles ne s’en rendent compte. Elles ont véritablement cru au Seigneur et se sont sincèrement repenties de leurs péchés. Leur esprit a été éclairé, elles ont compris l’Évangile, elles se sont données à Dieu, et pourtant, il arrive qu’elles se disent : « Quelque chose s’est-il vraiment passé en moi ? Est-ce que le Seigneur m’a sauvé (e) ? » Comme nous le verrons, ce texte va les aider à apprécier ce que Dieu a fait dans leur vie.

 Ensuite, il y a ceux qui ont expérimenté un grand émerveillement, et une grande découverte, lorsqu’ils sont venus à Christ. Leurs prières ont été exaucées, leur nature a été changée, ils comprennent les Écritures sous un jour nouveau et l’assurance remplit leur cœur. Pour un temps, ils semblent être à l’abri des doutes conformément à l’affirmation d’Ésaïe – selon laquelle le Seigneur porte Ses agneaux dans Ses bras. Mais bientôt, ils sont appelés à se tenir sur leurs pieds par la foi et ce bras protecteur du Seigneur se retire un peu. Alors le diable commence à les assaillir de doutes et leur assurance en est sérieusement affectée.

 Il y a de très nombreuses années de cela, dans ma jeunesse, mon école comptait une équipe de cross-country très performante. Nous la considérions comme la meilleure du monde. Pendant quelques années consécutives, elle remporta, sous la direction de son entraîneur renommé, une compétition interscolaire très disputée sur le plan national. Puis, elle releva un défi lancé par une école du pays, mais sur un terrain qu’elle ne connaissait pas. Elle s’y est rendue avec un contingent de supporters. Toutefois, son illustre entraîneur n’avait pas fait preuve de toute la diligence requise pour cette course. Il ignorait tout des adversaires et du tracé de la course. Nous étions convaincus que notre équipe vaincrait sans coup férir, comme toujours, mais le premier tiers du parcours se révéla exceptionnellement pentu et l’équipe n’était pas entraînée pour cela. Après cette montée éprouvante s’en suivit une descente abrupte et notre équipe se trouva en grande difficulté et glissa à plusieurs reprises. Nos « champions du monde » sont revenus défaits et humiliés, parce qu’ils n’avaient pas su à quoi s’attendre. Personne n’avait pris connaissance des pièges du terrain.

 C’est exactement ce qui peut se produire au début de la vie chrétienne. Vous connaissez une période où vous êtes protégé, puis surviennent des choses inattendues et vous pouvez alors être submergé de doutes et de tentations. Vous pouvez être tenté de revenir à d’anciens péchés, de douter de la Parole, et ainsi être choqué et déstabilisé par ce qui vous arrive.

 Il se peut que vous soyez une personne obstinée, dotée d’une forte personnalité, et cela peut vous avantager durant une large partie de votre vie. Mais Satan le sait. Il constate que vous êtes pratiquement inébranlable après avoir parcouru une certaine distance dans la vie chrétienne, fait de grandes découvertes et mis le Seigneur à l’épreuve par des réponses à vos prières. Aussi le diable suscitera toutes sortes de choses à votre encontre lors des premiers mois de votre vie chrétienne afin d’essayer de vous démoraliser et de vous faire quitter la piste. Il est vital que nous sachions à quoi nous attendre.

 Je n’écris pas à des incroyants, dit l’apôtre Jean, car ils n’ont pas trouvé le Seigneur. J’écris à des croyants parce qu’il y a des moments où leur assurance a besoin d’être renouvelée, approfondie et fortifiée.

 Souvent les croyants expérimentent le Seigneur pendant de longues périodes sans avoir de doute ; puis ils sont soudainement assaillis par eux. Un tel assaut peut suivre une grande déception ou une tragédie dans la vie, une épreuve ou une peine dont Satan se servira.

  Un croyant peut avoir un tempérament qui l’incline à la tristesse et le diable va en tirer profit. Il se peut aussi qu’il y ait eu un manque de piété, des prières plus sporadiques ou que les moments, combien essentiels, de communion avec le Seigneur soient bâclés. Le diable le saura et exploitera le manque de joie et de paix, même chez les croyants chevronnés.

  Parfois le Seigneur laisse libre cours au diable afin de nous assaillir s’il se trouve en nous une certaine fierté et une confiance en soi excessive. David semble s’y référer dans le Psaume 30, lorsqu’il parle de sa montagne qui s’était affermie et que tout allait si bien. À ce moment il fut assailli de troubles sévères et dut crier au Seigneur. Si nous commençons à être satisfait de nous-même, nous attribuant le mérite à notre position et à notre contribution, le Seigneur peut alors retirer Son bras protecteur et nous laisser nous débrouiller par nous-même.

   Il est probable que dans chaque église se trouve quelque cher croyant confronté à ce problème inhabituel : celui de ne pouvoir que rarement ressentir l’assurance du salut. Les pasteurs vont généralement aider de tels amis par une approche individuelle. Ce n’est pas une chose commune, mais cela existe et l’on a coutume de dépeindre un tel état par l’expression suivante : « un enfant de lumière marchant dans l’obscurité ».

Mais la plupart des chrétiens ont  le grand privilège de savoir qu’ils sont sauvés.   C’est aussi notre devoir de chercher cette assurance et de nous saisir des promesses de Dieu.

Mais la plupart des chrétiens ont  le grand privilège de savoir qu’ils sont sauvés.   C’est aussi notre devoir de chercher cette assurance et de nous saisir des promesses de Dieu.

 Dans cette étude concernant l’assurance, nous allons considérer principalement un chrétien nouvellement converti. Il a récemment cherché (et probablement trouvé) le Seigneur, mais maintenant il se dit en lui-même : « Je ne sens pas que je suis sauvé ; quoi que ce soit l’expérience vécue, je crains qu’il ne s’agisse que d’une illusion. Je pèche, je tombe à nouveau, je me repens de mes péchés et je ne suis pas sûr de voir les signes de la grâce dans ma vie. Je ne pense pas avoir été sincère ».

 De tels doutes resurgissent fréquemment dans la pensée et Satan semble les imprimer fortement dans l’être intérieur.

 

1 Un sens des perfections de Dieu

Voici les signes données par l’apôtre Jean qui prouvent que la vie spirituelle habite en nous. Le premier se trouve en 1 Jean 1:5-7 :

 « Ceci est le message que nous avons entendu de lui et que nous vous annonçons, c’est que Dieu est lumière et qu’en lui il n’y a pas de ténèbres. Si nous disons que nous sommes en communion avec lui et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons et ne pratiquons pas la vérité : mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion l’un avec l’autre, et le sang de Jésus-Christ son Fils nous purifie de tout péché ».

Nous pouvons pleinement comprendre la portée de l’expression « être dans la lumière » lorsque nous considérons l’arrière-plan des récipiendaires de cette épître. La plupart d’entre eux proviennent d’un milieu païen. Ils croient en une multitude de dieux mythiques et ils sont tous pécheurs, remplis de cruauté, de méchanceté et de malhonnêteté. Mais la conversion les avait amenés à croire de tout leur cœur que Dieu est lumière, qu’Il est pur, saint, sans trace de péché. Le vrai Dieu est lumière, vérité et bonté au-delà de toute description.

 Dans notre cas, que nous ayons été flous au sujet de Dieu ou un athée militant, nous avons été habitués au péché. Nous avons trouvé maintes excuses pour nous et pour la société au sens large à l’exception de ses pires méfaits. Il est même probable que nous ayons eu certaines idées telles que « l’homme est essentiellement bon ».

Mais quelque chose de profond nous a atteints et nous avons bien mieux saisi les réalités concernant Dieu. Nous avons réalisé qu’Il est pur et bien au-dessus de nous. Il est irréprochable et merveilleux dans tous Ses attributs. Nous en sommes venus à croire avec bonheur que Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été créées, est venu dans ce monde en vertu de Son immense compassion et de Son amour pour prendre la punition que nous, pécheurs, méritions.

Nous en sommes venus à croire avec bonheur que Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été créées, est venu dans ce monde en vertu de Son immense compassion et de Son amour pour prendre la punition que nous, pécheurs, méritions.

Nous avons compris que Dieu est unique. Il est transcendant au-dessus de tout ce que nous voyons dans ce monde déchu. Cependant, nous ne croyons pas encore que cela est une claire indication de notre salut.

L’apôtre Jean contredit ces propos. En effet, il nous persuade que Dieu est lumière et qu’en Lui il n’y a point de ténèbres. Ne voyez-vous pas que c’est là un indice du salut ? Si réellement vous accordez de l’importance à cela, il est évident que vous marchez dans la lumière. Vous pouvez penser que vous êtes perdu, que vous vous êtes fourvoyé et que votre conversion n’a pas eu lieu. En revanche, si vous croyez fermement ces choses, alors c’est par l’œuvre du Saint-Esprit qui a éclairé votre esprit. Vous êtes devenu un croyant passionné par le Dieu véritable, parfait et merveilleux.

Voici la conclusion de l’apôtre : selon toute probabilité, il s’est produit une œuvre de grâce dans votre cœur.

« Si nous marchons dans la lumière » dit Jean, « nous avons communion l’un avec l’autre. » Vous êtes dans la même famille que nous, dit l’apôtre, « et le sang de Jésus-Christ son Fils nous purifie de tout péché ». Votre foi en Lui est sincère. Vous avez vu la différence entre vos dieux païens (ou votre athéisme d’autrefois) et le vrai Dieu, et maintenant vous la ressentez profondément dans votre âme. Ce n’est là que le premier mot d’encouragement que nous donne l’apôtre et il va le répéter tout au long de son épître, au chapitre 2, verset 27 et au chapitre 4, versets 13 et 14.

 

2  Une appréciation de notre propre condition

Une seconde indication corrobore, selon toute vraisemblance, que la vie spirituelle est en nous. Elle se trouve en 1Jean 1:8-9 :

  « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous. Si [d’autre part] nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et pour nous purifier de toute iniquité ».

  Le point déterminant est ajouté au verset 10 : « Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur et sa parole n’est point en nous ».

  Le contraire de ce dernier verset s’applique à nous si nous sommes profondément convaincus d’être des pécheurs. Nous disons : « Je suis un pécheur perdu, coupable et condamné devant Dieu, et je me suis repenti sincèrement devant Lui, m’appuyant seulement sur la miséricorde de Christ et sur sa mort expiatoire pour le pardon ». Si nous ne nous sentons pas pardonné et pas sûr d’être sauvé, il nous faut cependant considérer que quelque chose d’extraordinaire et de spectaculaire s’est passé en nous. Nous nous sommes reconnus pécheurs ; et les personnes qui ne sont pas sauvés, n’agissent ni ne pensent généralement ainsi.

  Lorsque nous disons aux personnes qui ne sont pas sauvées qu’elles sont des pécheurs perdus, elles protestent jugeant une telle accusation extrême et blessante. Elles reconnaissent qu’elles commettent des péchés, mais elles insistent qu’elles ne sont pas mauvais au point d’être désignées comme des « pécheurs ». Elles contestent l’idée même d’être pécheur ou d’être sauvé (e). Elles admettent qu’elles font le mal, mais elles n’acceptent jamais l’idée qu’elles sont entièrement indignes de Dieu et destinées à la condamnation et au rejet. L’apôtre Jean déclare que la personne profondément humiliée au point de reconnaître sa condition pécheresse désespérée, pense ainsi parce que Dieu a opéré une œuvre de Dieu dans sa vie.

Si nous disons : « Je suis un pécheur déchu et sans recours. Je ne l’avais jamais vu auparavant, mais j’ai découvert le genre de personne égocentrique et imbue d’elle-même que je suis, combien j’ai mauvais caractère, combien je peux être cruel, plein de convoitises et de cupidité, combien je peux être malhonnête – sans compter d’autres péchés ». Il est alors fort probable qu’une œuvre de salut est en cours dans notre cœur.

Par nature, le cœur humain orgueilleux se limite à affirmer : « Je suis quelques fois un pécheur, » ou « Je suis un peu pécheur ». Mais dès que nous reconnaissons véritablement (et avec tristesse) notre péché et que nous nous repentons, l’évidence montre que le salut est en cours.

En effet, vous êtes l’un de nous, dit l’apôtre Jean. Vous êtes de la famille. Vous avez une nouvelle attitude envers le péché. Vous ne vous donnez plus d’excuses. Votre propre-justice a été brisée. Vous avez poussé un cri de repentance et vous aspirez à un signe d’acceptation. Mais probablement vous le possédez déjà, vous devriez vous en émerveiller et remercier votre Sauveur avec louange, joie et admiration.

 

3  Le péché a des conséquences

        Une troisième conséquence du salut est inscrite en 1 Jean 3:6-9, mais à première vue ce passage semble anéantir les espoirs de celui qui cherche le salut. Voici ce qu’il dit :

 « Quiconque demeure en lui ne pèche pas : quiconque pèche ne l’a pas vu et ne l’a pas connu. Petits enfants, qu’aucun homme ne vous séduise : celui qui pratique la justice est juste, comme lui-même est juste. Celui qui pratique le péché est du diable ; car le diable pèche dès le commencement. C’est pour cela que le Fils de Dieu a été manifesté, afin qu’il puisse détruire les œuvres du diable. Quiconque est né de Dieu ne commet pas le péché ; car sa semence demeure en lui : et il ne peut pécher parce qu’il est né de Dieu ».

Comment l’apôtre peut-il dire cela ? Il vient tout juste d’enseigner que si nous disons que nous n’avons pas de péché, il est presque certain que nous ne sommes pas sauvés, et maintenant il semble dire le contraire, c’est-à-dire que nous ne pouvons pas pécher si nous sommes sauvés. Mais pourtant, il n’y a pas de contradiction, car il est évident qu’il veut dire que la personne née de nouveau ne peut pécher ni confortablement, ni facilement. Cette personne ne peut pécher sans conséquences sur sa paix spirituelle. Désormais, elle n’est plus maintenant un pécheur qui pèche tout bonnement comme si de rien n’était.

Oui, cette personne pèche encore et se rend coupable devant Dieu, mais maintenant cela touche et tourmente même sa conscience au point de ne pas se sentir sauvée.

Oui, cette personne pèche encore et se rend coupable devant Dieu, mais maintenant cela touche et tourmente même sa conscience au point de ne pas se sentir sauvée. 

Elle est maintenant très embarrassée, mal à l’aise et malheureuse parce qu’elle a offensé le Seigneur. C’est l’effet que le péché produit en elle. C’est pourquoi, elle ne peut pécher en étant heureuse ou à l’aise.

 La personne ne peut pécher sans répercussions sur elle parce qu’elle a la précieuse semence de la vie dans son âme et sa conscience tremble et même crie au-dedans d’elle. Si nous ne pouvons pas pécher sans être importuné dans notre conscience, la vie est probablement en nous ou une œuvre de grâce est en cours. C’est ici le message de Jean.

 

4  Le lien familial

Un autre réconfort lorsqu’on doute de son salut est sous-entendu dans 1 Jean 2:9 : « Celui qui dit qu’il est dans la lumière et qui hait son frère, est dans les ténèbres jusqu’à maintenant ». À cela 1 Jean 3:14 répond en écho par ces paroles : « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie parce que nous aimons les frères ».

 Nous passerons rapidement sur ce grand réconfort car d’autres évidences très concrètes mais peu connues du salut restent à découvrir. Ces paroles nous disent qu’un sens d’appartenance à la famille spirituelle est implanté dans le cœur de l’enfant de Dieu lors de la conversion. Un lien le relie à tous ceux qui appartiennent au Seigneur. En effet, un nouveau regard sur nos frères et sœurs dans la foi et un sens profond de notre proximité mutuelle nous sont donnés. Si Satan venait à nous faire douter de notre salut, une forte prise de conscience nous habite et nous dit que nous faisons partie de ceux qui appartiennent au Seigneur. Il s’agit d’un indicateur puissant et l’apôtre le tient pour un signe de la grâce.

 

5  Être lucide au sujet du monde

Une autre évidence solide se trouve dans 1 Jean 2:15 : « N’aimez pas le monde ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui ».

 Le contraire est supposé être vrai : si nous n’aimons plus le monde, l’amour du Père est en nous, et cela est confirmé par les deux versets suivants (versets 16 et 17) : « Car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde. Et le monde passe comme passe sa convoitise ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement ». 

Nous pouvons être en proie à des doutes sur notre salut, mais si nous sommes lucides au sujet du monde, alors quelque chose de radical s’est passé quant à nos goûts et à nos perceptions.

Nous pouvons être en proie à des doutes sur notre salut, mais si nous sommes lucides au sujet du monde, alors quelque chose de radical s’est passé quant à nos goûts et à nos perceptions.

 Ce monde, tant aimé, objet d’une passion dévorante et porteur de tant d’espoir est curieusement tombé en morceaux devant nos yeux. Nous avons vu que sa culture est vaine, vide et impie, érigée contre Dieu et entièrement tournée vers la promotion de l’égocentrisme, de l’immoralité et de l’orgueil, se délectant dans la grossièreté et l’impureté.

  Nous pouvons encore être tentés par certaines choses du monde. Sa musique, par exemple, peut encore avoir sur certains d’entre nous, une forte emprise jusqu’à la dépendance. Il se peut qu’il faille du temps pour vaincre cette dépendance si fortement incrustée. Les rythmes musicaux du monde peuvent continuer à vibrer dans nos têtes et avoir une emprise sur nous pour un temps. Mais quoi qu’il en soit, nous en avons fini avec le système de ce monde et ses voies anti-Dieu. Désormais, nous avons de la compassion pour les âmes et nous désirons ardemment leur salut. Ce monde est pour nous la Foire aux Vanités (selon la description de John Bunyan) et nous ne nous laisserons plus duper par lui. Tant que nous sommes dans ce monde, nous désirons y faire le bien et aider les autres, bien que le monde en lui-même soit inique, déchu et hostile à Dieu. Tout cela démontre un changement radical et constitue un signe authentique que Dieu a agi en nous.

 Concernant les tentations persistantes, nous pouvons prendre conseil dans le premier chapitre du Livre des Proverbes. Lorsque nous sommes tentés de nous associer aux mondains, écoutons ce que Salomon a écrit : « Mon fils, si des pécheurs veulent te séduire, n’y consens pas. S’ils disent : Viens avec nous … prends ta part avec nous … mon fils, ne te mets pas en chemin avec eux » (Extraits choisis de Proverbes 1:10-15).

 « Nous te voulons avec nous », dira le monde. « Nous t’aimons. Nous sommes tes amis. Tu es une personne de valeur, douée et capable, nous t’admirons. Fraternise avec nous, joins-toi à nous ». Cela peut être si tentant, pour les jeunes en particulier, et en présence de la solitude, tous les âges sont concernés. « Viens avec nous », nous dit le monde.

  Nous pourrions dire : « Je ne peux pas être chrétien parce que j’ai été attiré à nouveau en arrière vers mes amis du monde ». Certes, vous l’avez fait, reconnaissez dans quelle voie vous vous êtes engagé. Vous allez encore être tenté et vous laisser détourner. Mais en même temps, vous savez que vous n’êtes plus à l’aise dans ce monde-là parce que vous avez une nouvelle vision. Satan va tout faire pour que les tentations de retour à votre ancienne vie soient très attractives, mais Jacques 4:7 se révélera toujours vrai : « Résistez au diable et il fuira loin de vous ».

   1 Jean 2:18 dit : « Petits enfants, c’est la dernière heure ; et comme vous avez entendu qu’un antichrist vient, de même qu’il y a maintenant plusieurs antichrists, à ceci nous savons que c’est la dernière heure ». Nous pouvons avoir, même dans nos doutes, un profond sentiment de vivre dans les derniers temps. C’est bien à la fin des temps que le mal est appelé bien et le bien est appelé mal. Le mal progresse comme jamais auparavant – c’est le signe de la fin des temps. Nous pouvons le constater dans toute la législation hostile à la moralité et dans l’opposition à l’enseignement moral de la Bible. Nous l’avons compris et nous y voyons un signe évident de l’œuvre de la grâce en nous. Ainsi nous devons rejeter toute tentation de pactiser avec la culture de ce monde qui se trouve sous la condamnation de Dieu.

 

6  Bonté envers les autres

Parmi les arguments de l’apôtre en vue de prouver l’œuvre de la conversion dans nos vies, un est inhabituel. L’apôtre nous le donne sous la forme d’une exhortation dans 1 Jean 3:18-19 : « Mes petits-enfants, n’aimons pas en paroles, ni avec la langue, mais en action et vérité. À ceci nous connaissons que nous sommes de la vérité et nous rassurerons nos cœurs devant lui ».

  L’apôtre parle ici de compassion et du bien manifestés aux autres croyants, collègues et famille, quels que soient leurs besoins. C’est là un signe de l’œuvre du Saint-Esprit dans un cœur. Avons-nous connu un changement mystérieux et révélateur dans nos cœurs ? Le désir et la volonté de faire du bien et d’aider les autres ont-ils été ainsi formés en nous ?

  Il se peut qu’en présence d’une question relative à nos projets de carrière, nous aurions répondu, il n’y a pas si longtemps, en termes de salaire, de plaisir ou de position procurés par une profession donnée. Mais maintenant, nous nous intéressons à ce qui sera bénéfique aux autres. Quelle en sera la finalité ? Subitement, tout n’est plus centré sur nous-même. Une nouvelle façon de penser est en train d’opérer en nous : qu’est-ce qui est mieux ? Est-ce noble ? Est-ce utile ?

  Nous n’avons ni provoqué, ni accompli ce changement. Ce n’est pas nous qui avons changé notre mode de penser égoïste pour passer à la recherche de l’utilité pour autrui. C’est l’œuvre de l’Esprit de Dieu. C’est pourquoi nous pouvons dire : « Dieu a placé en moi des principes, des valeurs et des préoccupations meilleurs ».

  Nous avons fréquemment entendu un parent dire à propos de son enfant converti : « Il est si différent à la maison ». Cela peut vouloir dire que, maintenant, il ne rechigne plus à aider à faire vaisselle et cela semble être un miracle. Subitement, fils et filles sont devenus plus préoccupés à servir que de s’occuper de leurs propres affaires. L’apôtre écrit : « À ceci nous savons que nous sommes de la vérité ».


* * *

 

 Nous avons passé en revue quelques-unes des évidences de l’œuvre de la grâce chez une personne telles que nous les présente l’apôtre. Chacune d’entre elles nous aident à lutter contre nos doutes au sujet du salut. Toutefois, il nous faut finir là où nous avons commencé, à savoir avec l’exhortation qui se trouve à la fin de 1 Jean 5:13 : « … afin qu’ils croient au nom du Fils de Dieu ». Si Dieu a œuvré dans nos cœurs, nous avons un devoir, une obligation et un privilège de croire activement. Ce que Dieu veut de nous c’est d’exercer la foi, de Lui faire confiance et de vivre pour Lui. Une illustration tirée du domaine sportif peut nous aider à comprendre cela.

Il y a plusieurs années, un jeune homme de cette église est allé dans une université réputée dans le domaine du sport. Ce n’était pas vraiment son domaine, mais il a saisi chaque opportunité afin d’exceller dans son sport favori. J’imagine qu’il y mettait toute sa ferveur, toute son énergie et toute son expertise. Mais de retour à la maison, lors des vacances, il m’a confié la chose suivante : « Ma vie chrétienne est un échec total. Non seulement je n’avance pas, mais de plus je n’accomplis rien. Que faire et par où commencer ? »

Je lui ai répondu en ces termes : spirituellement, c’est comme si étais entré sur le terrain de jeu. Le coup de sifflet est donné, le match commence et tous les joueurs se mettent à courir tout autour de toi. Mais toi, tu restes debout et immobile. Tu es là planté comme un piquet, alors que tes coéquipiers t’interpellent et te disent : « Remue-toi, entre en action ! Fais ceci, fais cela. » Depuis la ligne de touche, les spectateurs t’interpellent également. Mais contre toute attente, tu ne bouges pas d’un pouce, pensant, de manière étrange : « Suis-je fait pour cette équipe ? Suis-je en train de rêver ? Est-ce que tout cela est réel ? »

 Cela est impensable sur un terrain de jeu. Ce serait vraiment étrange. Et pourtant, c’est exactement ce qui arrive parfois à certains dans la vie spirituelle. Ai-je réellement été appelé ? Suis-je vraiment converti ? Suis-je un membre de la famille de Dieu ? Et pendant que nous pensons de la sorte, nous restons inertes. Le conseil le plus judicieux que l’on puisse donner est de s’aligner aux interpellations des autres joueurs : « Vas-y ! Fais quelque chose ! » Commencez à vivre la vie chrétienne. Mettez votre foi en action ; confiez-vous dans le Seigneur, lisez votre Bible, priez-Le. Mettez autant d’énergie dans la course chrétienne que vous en auriez investie sur un terrain de sport quelconque.

Le conseil le plus judicieux que l’on puisse donner est de s’aligner aux interpellations des autres joueurs : « Vas-y ! Fais quelque chose ! » Commencez à vivre la vie chrétienne. Mettez votre foi en action ; confiez-vous dans le Seigneur, lisez votre Bible, priez-Le. Mettez autant d’énergie dans la course chrétienne que vous en auriez investie sur un terrain de sport.

Disciplinez-vous, réservez du temps pour être en communion avec le Seigneur, et soyez résolu. Demandez l’aide du Seigneur, débarrassez-vous de tout ce qui pourrait faire obstacle à votre engagement spirituel. Ne manquez jamais d’adorer le Seigneur et d’étudier Sa Parole. Repentez-vous de tout acte insensé, des vaines habitudes et autres désirs malsains. Renouvelez votre engagement personnel au Seigneur par un vœu solennel. Vous rencontrez un problème de doutes, mais parallèlement vous avez un problème d’inertie spirituelle.

 Ce sont là les encouragements et les signes de la vie spirituelle que nous donne l’apôtre Jean. Avez-vous reçu la lumière ? Croyez-vous de tout cœur en un Dieu parfait, sans péché, merveilleux et immuable ? Êtes-vous vraiment convaincu de votre nature pécheresse ? Êtes-vous en communion avec la famille de Dieu ? Avez-vous compris que ce monde ne peut rien vous apporter ? Êtes-vous à présent préoccuper à faire le bien ? Alors dites à l’instar de ce cantique :

Jésus, Agneau expiatoire parfait,

À Toi et à Toi seul j’appartiens :

Prends mon corps, mon esprit, mon âme ;

Toi seul possède tout mon être.

Mon Seigneur miséricordieux, je Te reconnais le droit

De me solliciter pour tout service,

Écouter Tes décrets et les suivre,

Voilà mon délice suprême.

Cher ami, allez de l’avant dans la vie chrétienne. Il vous appartient de faire confiance au Sauveur et de mettre votre foi en pratique. Pour tout ce qu’Il vous a fait, ne Lui refusez ni louanges, ni actions de grâces. Vous êtes membre de Sa famille. Les signes en sont évidents dans votre cœur. C’est pourquoi, vivez comme un croyant. Venez, entrez dans le royaume. Ne restez pas dehors, mais croyez et agissez conformément à votre profession de chrétien.

Je me consacre à Toi,
Du monde détaché.
De peines et de joies,
Mes jours seront tissés.
Tu t’es, Seigneur, donné pour moi,
Et moi, je m’offre à Toi !
Tu t’es, Seigneur, donné pour moi,
Et moi, je m’offre à Toi !

Je ne voudrais pas donner mon cœur au monde,

Et ensuite dire que je T’aime ;

Je ne voudrais pas voir mes forces me quitter

Et ensuite  témoigner que je Te sers.

Oh, que je ne TE  réserve pas  mes faibles désirs,

Ma part la plus dépouillée et la plus misérable. 

Oh, que je ne Te réserve pas mes flammes attiédies,

Les cendres de mon cœur !

 

 Offre-moi dans la fleur de mon âge,

La destinée  d’un serviteur zélé ;

À  Toi, la gloire et tout mon amour,

La plénitude de mon cœur !

Qu’ainsi mon amour répande

À Tes pieds son humble offrande :

Prends-moi, dès mes premiers jours !

Tout à Toi seul, pour toujours !

 

Saisissez-vous des promesses de Dieu trouvées dans l’Écriture. Les doutes sont des attaques du diable. Vous devriez vous y attendre. Croyez uniquement ce que Dieu affirme dans Sa Parole. Quand Satan vous attaque, dites-lui que vous avez pleinement confiance en votre Seigneur, et repoussez-le. Engagez-vous de nouveau pour Christ et prenez position pour Lui. Voilà comment agir face à toutes les tentations qui visent à vous faire douter de votre salut.